1. Le pouvoir inhérent de l’oubli

    La citation de Nietzsche décrit l’oubli comme une force active, presque comme une décision intérieure de se libérer. Qu’est-ce que cela implique de se défaire délibérément de son passé ? On pourrait penser au rôle pesant de certains souvenirs, à la manière dont ils nous façonnent, mais aussi parfois au mur invisible qu’ils peuvent former. Que reste-t-il de nous lorsque nous décidons de nous délester de ce poids ? Est-ce qu’oublier offre la possibilité d’un nouveau départ ou est-ce une façon de se perdre soi-même ?
     
  2. La liberté grâce au lâcher-prise

    Pour Kalil Gibran, l’oubli est une forme de liberté. Cette liberté est à la fois libératrice et angoissante. Qu’est-ce que le lâcher-prise, alors la mémoire définit les bases du moi ? Y a-t-il des moments où le lâcher-prise devient un vent léger qui porte vers l’avant ? Il faudrait analyser les liens existant entre la liberté et l’identité.
     
  3. Le pardon et l’oubli

    Victor Hugo compare le pardon à l’oubli. Est-il vraiment nécessaire d’oublier pour pardonner ? Ou le pardon existe-t-il aussi en pleine conscience ? C’est ici que réside l’idée de réconciliation avec le passé, non par l’ignorance, mais par l’endormissement de la douleur. Est-il possible de trouver une paix qui ne soit pas fondée sur l’oubli total ?

 

La citation de Nietzsche est celle qui me fascine le plus. Ce serait merveilleux si je pouvais oublier toutes les anciennes histoires de mon enfance. Plus de rêves, plus de questions sur les raisons d’une enfance trop souvent ponctuée de moments difficiles. Ne serait-ce pas formidable de pouvoir oublier de manière sélective ? Les abus sexuels, loin. Le premier amour, je garde. Les difficultés à l’école, loin. Les études universitaires, je garde.

La clé, est-elle dans le lâcher-prise, comme le suggère Kalil Gibran ? Cette voie me paraît très difficile. J’aurais peur de perdre mon identité. C’est une peur qui m’empêche parfois de dormir. Alzheimer, les démences : cela fait peur.

Pardonner et oublier, comme le préconise Victor Hugo, est une idée séduisante. Ne plus lutter contre le passé, mais pardonner toutes les fautes. Je vais essayer.

Avec toutes ces réflexions sur la maladie, je me rends compte du tact avec lequel je regarde ma vie. Ce qui est ou qui a été important pour moi, à qui je veux dire quelque chose d’essentiel avant de l’oublier et ce que je peux tranquillement laisser derrière moi.

Je devrais peut-être tenir un journal intime. Ou serait-ce trop difficile ? Ou oublierais-je d’écrire ? Comment puis-je m’organiser au mieux ? Y a-t-il des malades qui donnent des conseils ? Je fais partie d’un petit groupe de malades qui se réunit une fois par mois. Jusqu’à présent, nous nous sommes vus trois fois. La dernière fois, les deux autres ne sont pas venus parce qu’ils avaient oublié.