Je me suis toujours considérée comme une femme bien organisée, mais parfois je me demande : est-ce encore le cas ? L’idée de perdre le contrôle de ma vie me fait peur. Pour l’instant, tout va encore relativement bien, mais je sais que c’est loin d’être évident. Comment vais-je me rendre compte que j’ai besoin d’aide ? Et aurai-je le courage de demander du soutien ?  

Un point qui me tracasse : quels types de soins vais-je accepter ? De la part de qui ? Même si ce n’est pas encore un thème d’actualité, j’aimerais prendre les devants pour avoir les moyens d’agir par moi-même. J’apprécie le soutien bienveillant de ma famille, mais je n’aimerais pas qu’elle endosse un rôle d’aidante, que j’aimerais confier à des professionnels, afin que notre relation reste fondée sur l’amour et la confiance, et non pas sur le sens du devoir. Mon attitude n’est pas un refus, c’est une forme de prévoyance. L’aide ne devrait pas être imposée. Et lorsque les personnes ne sont plus en mesure de s’exprimer clairement, la tâche devient délicate, pour elles et leurs proches. Voilà pourquoi je veux décider suffisamment tôt de quel soutien je souhaite bénéficier. Et pourquoi je veux mettre préventivement par écrit mes volontés en matière d’assistance, car il s’agit là de mon droit à l’autodétermination.